جمعية متصرفي المركز الاستشفائي ابن سينا تحت رعاية وزير الصحة تنظم يوما دراسيا تحت تيمة”التجمعات الصحية الترابية”

جمعية متصرفي المركز الاستشفائي ابن سينا تحت رعاية وزير الصحة تنظم يوما دراسيا تحت تيمة”التجمعات الصحية الترابية”

 

 

ARGUMENTAIRE
Au cours de cette dernière décennie, le Maroc vise à atteindre une croissance économique
dynamique, mais cela ne peut se faire sans un système de santé efficace, équitable µrobuste qui répond aux besoins de tous les citoyens. En effet, le système de santé est un
élément clé des politiques publiques visant à renforcer la solidarité sociale et à permettre
à tous, y compris les groupes vulnérables, de contribuer à l’activité économique et à la
stabilité du pays. Afin de relever les défis des mutations constantes et des changements
démographiques et épidémiologiques à venir, des réformes nécessaires doivent être mises
en place pour accompagner et améliorer notre système de santé.
Le Ministère de la Santé et de la Protection Sociale (MSPPS) entreprend une démarche
structurée visant à repenser notre système de santé. Cette initiative fait suite aux discours
royaux de juillet 2019 et juillet 2020, qui ont appelé à une refonte du système de santé et à
l’extension de la couverture sociale à l’ensemble de la population marocaine. Ces projets
ambitieux sont conçus pour concrétiser le droit à la santé inscrit dans la Constitution de
2011 et pour garantir l’équité sociale dans le cadre d’un développement humain
harmonieux et inclusif.
L’objectif de cette refonte est de créer un système de santé moderne capable de fournir
des soins conformes aux normes internationales. La généralisation de la couverture
médicale de base est un pilier essentiel de cette initiative et une condition préalable à son
succès. Cependant, cette généralisation entraînera probablement une demande accrue de
soins, ce qui constituera un défi majeur pour notre système de santé. La réussite de ce défi
sera cruciale au niveau régional ou territorial.
La refonte du système de santé doit prendre en compte les spécificités territoriales en
matière de besoins, de ressources et de contraintes. Selon le récent rapport du Conseil
National des Droits de l’Homme (CNDH) sur l’effectivité du droit à la santé, plus de la moitié
des cadres de la santé sont concentrés dans l’axe Casablanca-Rabat-Kenitra, et les deux
tiers des professionnels de la santé travaillent dans quatre régions seulement, créant ainsi
un déséquilibre entre les régions et entre les zones urbaines et rurales. Ce déséquilibre nuit
à l’accès aux soins médicaux pour de nombreux citoyens, car 4 citoyens sur IO doivent
parcourir plus de IO km pour atteindre le premier centre de soins sanitaires, ce qui
explique en partie la moyenne de consultations médicales annuel les de seulement 0,6 par
habitant au Maroc. Dans certaines régions, cette moyenne est encore plus basse, à 0,3.
Pour remédier à cette situation, une nouvelle gouvernance doit être adoptée, avec des
mécanismes de régulation et de pilotage renforcés, une refonte de la gouvernance
hospitalière et une planification territoriale de l’offre sanitaire. II est également crée de
nouveaux organes de gestion et de gouvernance dans le secteur de la santé, tels que les
Groupements Sanitaires Territoriaux (GST). Ces derniers, qui rassembleront différents
types de centres hospitaliers régionaux, provinciaux, universitaires et centres de santé,
joueront un rôle clé dans la refonte régionale du système de santé. Ils permettront à
chaque région d’être équipée d’infrastructures sanitaires complètes et d’institutions
publiques autonomes, dotées de la personnalité morale, d’une gestion indépendante des
ressources humaines et financières, ainsi que de pouvoirs étendus pour gérer leurs services respectifs.

En outre, les GST bénéficieront d’une autonomie financière et décisionnelle pour
élaborer et mettre en œuvre les projets médicaux régionaux (PMR), le plan régional de
santé et le schéma régional de l’offre de soins, ainsi que la stratégie régionale en matière
de ressources humaines. De manière générale, les GST seront responsables de
l’élaboration et de la mise en œuvre d’une stratégie régionale de soins cohérente avec la
politique nationale, ainsi que des missions de soins, de santé publique, de formation et de
recherche et innovation.
Afin de réussir leur mission, les GST doivent s’appuyer sur plusieurs piliers essentiels. Tout
d’abord, il est important de valoriser les ressources humaines en santé, tant au niveau des
professionnels de santé que des administratifs. Pour y parvenir, plusieurs actions doivent
être entreprises, telles que la création d’une fonction publique de santé avec des
dispositifs de rémunération et d’incitation attractifs pour les acteurs concernés, ainsi
qu’un système contractuel incitatif pour les professionnels du secteur privé afin qu’ils
contribuent aux missions de service public sanitaire régional. En outre, il est important
d’accroître la capacité régionale d’accueil et de formation publique et privée des
professionnels de santé.
Le deuxième pilier des GST est constitué de diverses actions visant à renforcer l’offre de
soins dans la région. Cela comprend notamment le renforcement de l’utilisation de la
carte sanitaire comme outil de planification, l’instauration d’un mécanisme incitatif pour
le respect du principe de gradation des niveaux de soins afin de réguler efficacement le
parcours de soins des patients, la mise à jour de la nomenclature des maladies et des actes
qui structurent l’ensemble du système de soins, ainsi que la mise en place de services de
télémédecine et de médecine de famille.
Le troisième pilier est la mise en place d’un système d’information sanitaire global, intégré,
informatisé et interopérable. Ce système permettra d’exploiter toutes les données de base
de Técosystème de santé, y compris celles du secteur privé, la mise en place et la gestion
du dossier médical partagé du patient (DMP) et l’amélioration du système de facturation
dans les établissements hospitaliers,
Bien que ces éléments soient ambitieux et présentent des défis à relever pour leur
harmonisation et leur mise en place, les circonstances actuelles constituent une véritable
opportunité pour les mettre en œuvre. Toutefois, il est important d’engager un dialogue
constructif avec toutes les parties prenantes, notamment les professionnels de santé des
deux secteurs public et privé, pour garantir le succès de cette refonte.
Après l’approbation du projet de loi 08.22 relative aux GST par le conseil de
Gouvernement, en Décembre 2022, toutes les parties prenantes doivent mettre en place des mesures nécessaires aussi bien à linstauration effective de la nouvelle organisation
qu’à la gestion de cette période transitoire. C’est dans cette optique que l’AACHlS vous
invite à débattre au cours de sa 21ème journée d’étude la problématique suivante :
« LES GROUPEMENTS SANITAIRES TERRITORIAUX :
QUELS PRÉALABLES POUR RÉUSSIR LA TRANSITION ?».